Mario Sandoval
Professeur, Université Paris III, Sorbonne-Nouvelle:
IHEAL
Pôle de Recherche «Guerres, menaces et
conflits de l’ED122»
Université de Marne La Vallée: DESS
«Maîtrise des Armements et Désarmement»
Investigador Asociado del INCIPE
Introduction
A
peine sortie de la post guerre froide, l’Amérique
Latine entrait dans la 4ème
guerre mondiale [1], demeurant ainsi le théâtre
politique de crises et de conflits. La continuité
semble donc s’installer. Ces phénomènes
ont attirés l’attentión de la
communauté internationale par la violence des
actions, leur démesure et excentricité.
La passión occupe toujours le centre des débats
et de la vie sociétale. En présence
de ce cadre «conflitologique», les volontés
d’intégration restent confrontées
aux déséquilibres.
Les
diversités latino-américaines: sources
d’une implosión régionale?
L’articulation
des indicateurs régionaux, comme la mise en
place des gouvernements à géométrie
variable et leurs politiques, le développement
des points de ruptures à l’intérieur
ainsi que les aspirations coopératives montrent
une particularité «latino»: il
faut croire que le domaine du «sensible»
correspond au comportement des actions publiques comme
privées [2]. L’espace cartésien
est en balance avec l’émotionnel. Les
résultats de ce mode de management «typique»
peuvent avoir des conséquences, soit de rapprochement
soit d’éloignement, dans toutes les sphères
de la vie individuelle ou collective. L’interaction,
parfois jusqu’au clivage de ces éléments
peut agir individuellement ou de manière complémentaire.
Mais dans tous les cas leurs conséquences auront
un impact sur la société nationale,
l’environnement régional, et sur la communauté
internationale.
I) Des gouvernements Latino-Américains: une
tendance, mais la diversité
Lucio
Gutierrez en Equateur: Tout comme són homologue
vénézuélien Hugo Chavez, M. Lucio
Gutiérrez, vainqueur de l'électión
présidentielle d’Equateur du 24 novembre
2002, s'est d'abord fait connaître en participant
à un soulèvement militaire. En effet,
le 21 janvier 2000, un groupe de jeunes officiers
appuyé par des milliers d'indigènes
de la Confédératión de nationalités
indigènes d'Equateur (Conaie) s'était
emparé pour quelques heures des sièges
du pouvoir législatif et exécutif de
cette république andine de 12,5 millions d'habitants,
provoquant la chute du gouvernement de M. Jamil Mahuad.
Le nouveau président a déclaré
que són but n'était pas de polariser
et de diviser la société, souhaitant
ainsi mettre un terme aux «rapprochements»
que lui fait la presse avec Hugo Chavez. Par
ailleurs, la situatión économique est
préoccupante, puisqu’en 2003, le
service de la dette extérieure publique (plus
de 12 milliards de dollars, près de 80 % du
PIB) [3] coûtera à l'Equateur 2 milliards
de dollars. Le déficit fiscal de 2002 est estimé
pour sa part à près de 250 millions
de dollars. La conscience de ces difficultés
explique peut-être que l'Equateur n'ait pas
vécu de grande euphorie post-électorale,
comme ce fût le cas au Venezuela. La
Colombie du Président Alvaro Uribe: Pratiquement
inconnu avant són élection, le dissident
du Parti Libéral Alvaro Uribe a remporté
l'élection présidentielle de Colombie
avec 53% des suffrages. Investi le 7 août 2002,
c'est la première fois qu'un président
colombien est élu au 1er tour depuis l'instauratión
des deux tours, en 1994, et qui plus est, d’un
candidat sans parti. Ex-maire de Medellin, ex-sénateur
et ex-gouverneur du département d'Antioquia,
Alvaro Uribe, a semble t’il dû són
avantage sur le candidat du Parti Libéral,
Horacio Serpa, pour sa positión intransigeante
envers les groupes armés illégaux, tandis
que són principal adversaire avait mené
une campagne axée sur des problèmes
sociaux, notamment l'emploi et les tarifs des services
publics [4]. Sa tâche semble donc immense, avec,
pour premier challenge, celui de rester en vie pour
mener à bien sa promesse électorale
de ramener la paix dans un pays qui connaît
un conflit armé grave depuis près de
40 ans. Entre les négociations ouvertes par
Andres Pastrana avec les Forces Armées Révolutionnaires-
Armée Populaire (FARC-Ep) et l’Armée
de Libération Nationale (ELN) sans contrepartie,
et l’exigence d’un cessez le feu imposé
par Alvaro Uribe à tous les groupes «hors
la loi» avant l’ouverture de négociations,
le pays cherche à se sortir de la violence
par tous les moyens. Mais la Colombie saura-t-elle
trouver l’équilibre, et le chemin de
l’espoir du retour de la paix? C’est là
le défi du nouveau gouvernement, qui a placé
ce combat en tête de són action.
Le
Venezuela du Président Hugo Chavez: Lieutenant-colonel
d'un commando spécial de parachutistes en 1992,
c’est après avoir pris la tête,
le 4 février, d'une tentative de soulèvement
contre le président Carlos Andres Perez, (qu'il
accusait de corruption), que Hugo Chavez se fait connaître
de la population. Après deux années
passées en prison, il mènera cette fois-ci
une campagne politique, basée sur une justice
sociale, et l’anti-néolibéralisme,
dénonçant le clientélisme et
la corruption des hommes politiques. Elu une première
fois à la présidence le 6 décembre
1998, il est réélu pour
un mandat, passé de 5 à 6 ans
en juillet 2000, après avoir établi
une nouvelle constitutión «Bolivarienne»,
étendant les pouvoirs présidentiels.
Arrivé en sauveur en 1998, Hugo Chavez est
rapidement pris à parti par une opposition
intérieure croissante, qui conduira au coup
d’Etat civico-militaire mené par le patronat,
un secteur de l’armée ainsi que le
principal syndicat du pays, la Confédération
des travailleurs du Venezuela (CTV), le 11 avril
2002. Revenu au pouvoir 48 heures plus tard, il est
dès lors confronté à une crise
sans précédent. [5] Ses prises de position
(vis-à-vis de Cuba, l’Irak, les négociations
sur le prix du pétrole auprès de l’OPEP
…) et ses «références politico-intellectuelles»
affichées (bolivarisme, robinsonisme et zamorisme),
[6] ont fait du Président Chavez l’un
des personnages politiques de l’Amérique
Latine déchaînant le plus les passions,
de la part de ses «supporters» comme de
ses détracteurs.
Le
Brésil du Président «Lula»:
Le 1er janvier 2003, Luiz Inacio Lula da Silva, dit
«Lula», a pris officiellement sa fonctión
de président du Brésil. Membre du parti
des travailleurs, sa victoire a suscité nombre
d’espoirs chez la populatión brésilienne.
En particulier, ses réformes sont très
attendues par le Mouvement des sans terres (MST),
qui ont placé en Lula une confiance acquise
notamment par le passé de l’ancien métallurgiste,
et són militantisme au sein du Parti des Travailleurs
(PT). Mais d’autres institutions attendent de
Lula d’autres promesses, notamment le Fonds
Monétaire International et la Banque mondiale.
Disposant ainsi d’une marge de manœuvre
relativement faible, Lula semble avoir néanmoins
franchi le cap de ses 100 jours de mandat avec une
côte de popularité intacte, et, malgré
une progressión du chômage, une économie
qui regagne en crédibilité[7]: le dollar,
qui frôlait les 4 reals en décembre 2002,
s'échangeait ces derniers jours autour de 3,20
reals. Quant au risque-pays, il vient de repasser
sous la barre des 1 000 points après avoir
culminé à 2 400 points en septembre
2002. Pour Lula, "Le monde croit de nouveau au
Brésil". Mais, si la contestatión
sociale n’est pas encore à l’ordre
du jour, certaines voix s’élèvent
déjà pour dénoncer l’absence
de changement, pourtant prôné par
Lula lors de sa campagne présidentielle, l’accusant
de faire le jeu du FMI, et de ne pas engager suffisamment
de mesures pour le combat contre la faim, qu’il
a pourtant placé dans ses priorités.
La tâche de Lula s’avère donc immense,
entre le contentement des financiers et celui d’un
peuple rempli d’espoir. Beaucoup de pays voisins
sont dans l’attente d’un signe fort du
leader économique de la région, en faveur
d’une unité des pays latino-américains,
alors que le débat sur la Zone de Libre Echange
Américaine (ZLEA) [8] inquiète, notamment
par le retour d’un certain protectionnisme
de l’administratión BUSH.
Alejandro
Toledo, un indien à la tête du Pérou:
en effet, ce descendant des Quechuas est le premier
président de sang indien, et probablement le
premier aussi en Amérique latine à avoir
axé sa campagne sur la fierté de ses
origines et de són parcours exemplaire de «petit
cireur de chaussures devenu économiste à
la Banque mondiale», [9] après de brillantes
études. Il est élu à la présidence
le 5 juin 2001, après avoir gagné
ses galons pour són rôle dans la chute
d’Alberto Fujimori en novembre 2000, et refusé
de participer au second tour contre le président
en mai dernier pour cause de fraude électorale.
C’est donc porteur des espoirs de démocratie
qu’Alejandro Toledo a pris le pouvoir, avec
la promesse d’être le «Président
de tous les Péruviens» en restant malgré
tout confronté à deux défis majeurs:
la consolidatión de la démocratie et
la réactivation de l’économie.
Mais il semble que le choix de la méthode
de la franchise adopté par le Président
risque bien de se retourner contre lui, puisque, après
16 mois à la Présidence, les résultats
des élections municipales et départementales
sont un sérieux revers pour són parti,
«Pérou possible». [10] Ce scrutin
a d’ailleurs été marqué
par la réapparitión du Sentier lumineux,
qui, après deux ans de silence, a abattu un
officier de police et blessé quatre policiers
lors d'une embuscade.
Le
Mexique de Vicente Fox: Elu à la présidence
des Etats-Unis du Mexique après 71 ans de dominatión
du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI),
Vicente Fox est entré en fonctión le
1er décembre 2000. L'ex-directeur de Coca-Cola
au Mexique et en Amérique Central a entamé
son mandat de six ans (nón renouvelable) tambour
battant, avec pour objectif de lutter contre
la pauvreté et contre la corruptión
qui gangrène le pays. Car, malgré une
forte croissance économique (7,6% au premier
semestre 2000) et un peso stable, 40% des 94 millions
de Mexicains restent touchés par une misère
totale en 2000. [11] Lors de sa visite à Paris
en novembre 2002, le président mexicain a présenté
són pays comme «l'exceptión d'une
Amérique latine en crise». Mais cette
réussite ne cache pas la contrepartie
sociale que paye le Mexique, et són intégratión
à l’ALENA reste ponctuée malgré
tout de conflits commerciaux (notamment la «guerre
du sucre»). [12] Les accords de libre échange
passés avec l’Unión Européenne
(qui rentreront en vigueur en 2007) pourront
ils permettrent au Mexique de jouer un rôle
central entre le Nord et le Sud au cœur de la
future ZLEA, ainsi qu’un port d’entrée
idéal pour l’Europe?
L’Argentine
des «piqueteros»: Lorsque Fernando
de la Rua est élu à la tête du
gouvernement argentin en octobre 1999, le pays
connaît une situatión économique
qui s’est fortement dégradée depuis
1998. Avec un déficit budgétaire vertigineux,
des déséquilibres macroéconomiques,
le cercle vicieux de l’endettement s’installe
durablement, d’autant que l’environnement
financier international reste défavorable.
En misant sa politique économique sur l’amélioration
du risque-pays, de la Rua tentera de rompre ce cercle
vicieux. Mais la croissance économique et le
déficit de l’Argentine continuent de
chuter. Malgré de nombreux remaniements ministériels,
et la nominatión de Domingo Cavallo,
(le «père» de la parité
pesos/dollar), de retour au Ministère de l’économie,
ne réussiront pas à rassurer les investisseurs.
Fin 2001, celui que les Argentins ont surnommé
«Louis XXXII» démissionne, sous
une pressión populaire immense. S’ensuivent
alors la nomination de 5 Présidents en 2 semaines,
et la successión de mesures…sans lendemain.
Devant le danger qu’encoure la démocratie,
les parlementaires décident enfin de
faire taire leurs différents politiques, en
désignant Eduardo Duhalde président,
le 2 janvier 2002. Malgré un léger redressement
des indicateurs économiques, la situatión
économique et politique reste tendue, et les
Argentins ne semblent pas pressés de se rendre
aux urnes pour élire leur nouveau président,
ne voyant pas venir de grands changements de la part
d’une classe politique de plus en plus discréditée
à leurs yeux.
II) Les investissements étrangers: en danger:
Les
crises économiques régionales, les conflits
sociaux qu’y en découlent, les
problèmes de sécurité intérieure
liés aux installations et au personnel,
les conflits armés, la fin des privations ainsi
que le contexte international mettent en jeux le management
politique pour attirer les investissements étrangers.
En
2002, pour la troisième année consécutive,
la tendance descendante des flux d’investissements
étrangers directs (IED) destinés à
l’Amérique Latine perdure. Ces derniers
ont diminués de 33% par rapport à 2001,
passant de 84.000 à 56.700 milliards de dollars
[13].
Au
contraire de ce qui c’est passé en 2001,
la chute des flux vers la régión a été
plus élevée que celle enregistrée
au niveau mondial. La décroissance ne persiste
pas seulement, depuis trois années consécutives
le rythme s’accélère. En 2000
elle a été de 12,6% et de 11% en 2001.
En 2002 le transfert net de ressources de l’IED
a augmenté de plus du 4% du PIB en Amérique
Latine alors que ces mêmes transferts ont été
réduits de 2%.
Les
crises d’Argentine, d’Uruguay et du Venezuela
ont contribués à plus d’aversion
au risque et moins aux IED, ce qui a déterminé
la réductión et l’incertitude
chez les investisseurs étrangers.
Au
Mexique, en Amérique Centrale et dans les pays
de la Caraïbe, le transfert net de l’IED
a baissé de 40% en 2002. Une partie de
cette réductión est attribuée
à la situatión exceptionnelle
de 2001, et la conséquence de l’achat
au Mexique de la Banque Banamex par le Citygroupe
de 12.5000 milliards de dollars. Malgré cette
situatión grâce a l’ IED
dans les services financiers, ainsi que dans
le secteur des manufactures, l’année
2002 a gardé des niveaux historiques.
En
Amérique du Sud, l’IED est descendu à
31% en 2002. Cependant, les résultats sont
différents dans la Communauté Andine,
et dû à la situatión particulière
du Venezuela, où il y a eu une réductión
d’IED de 18%. Le secteur d’hydrocarbures
a été le plus exposé dans un
contexte conflictuel. Au Mercosur et au Chili, l’IED
a été de 35% du en particulier au frein
des processus de privatisations et aux crises économiques
d’Argentine et Uruguay, ainsi que la croissance
réduite au Brésil et au Chili.
III) Les facteurs multiplicateurs qui contribuent
à l’absence de stabilité régionale:
La régión développe des éléments
perturbateurs qui empêchent la cohésion
sociale, éloigne les citoyens entre eux,
les gouvernements de leur rôle initial, affaibli
la justice, accroît le désintérêt
pour la politique, met en péril le système
d’intégration régional et montre
une conflictualité récurrente au regard
de la communauté internationale.
1)
La corruption: En Amérique Latine la corruptión
continue à saper la légitimité
des institutions politiques, porter atteinte à
la société, à l'ordre moral et
à la justice, ainsi qu'au développement
intégral de ces pays. De plus, ce fléau
est souvent l’un des instruments dont se servent
les organisations criminelles, le narco trafic, le
commerce et les finances illégales, pour
atteindre leurs buts. Malgré les objectifs
et l’adhésión des pays de la régión
à la conventión interaméricaine
contre la corruptión de l’OEA, [14] la
société politique ne fait rien pour
s’en débarrasser. Les Etats et leurs
institutions doivent faire le choix, soit de continuer
une traditión politique, clientéliste
et sociale, ne faisant pas respecter les normes
juridiques, soit de rentrer dans un développement
global tout en appliquant la justice.
2)
Les conflits sociaux: Résultats des crises
économiques nationales et de l’impact
de l’environnement international, mais surtout
du mauvais management des affaires publiques
de la part des gestionnaires qui en ont la charge,
les politiques intérieures et la pressión
des organismes internationaux, [15] les divers secteurs
de la société civile ont démontrés
néanmoins leur capacité de faire entendre
leurs voix aux gouvernements en place .Les demandes
syndicales multisectorielles, les manifestations anti-mondialisation,
les mouvements des chômeurs, des classes sociales
défavorisées et même les patrons
participent aux clivages politiques et sociaux dans
les pays de la région.
2.a)
Grève prolongée au Venezuela: depuis
le 02 décembre 2002, une grève générale
a paralysée le Venezuela pendant deux mois,
et, bien que levée actuellement, la situatión
est toujours aussi bloquée entre le bouillant
"président des pauvres" et la Coordinatión
démocratique, emmenée par le patronat
et le principal syndicat, la Confédératión
des travailleurs du Venezuela (CTV), tandis qu’un
contrôle des changes a été instauré
pour tenter d’enrayer la fuite des capitaux,
sur fond d’une population profondément
divisée. Cette grève a coûté
près de 4 milliards de dollars au pays, 200
000 personnes risquent de perdre leur emploi et 20
000 PME sont menacées. [16]
2.b)
L’Argentine convulsée: Les concerts
de casseroles retentissant dans Buenos Aires et les
«piqueteros» manifestant dans tout le
pays sonnent le glas d’une classe politique
tant décriée, et rejettent les organismes
internationaux qui ont affamé une grande
partie du peuple argentin. Duhalde, en prenant le
pouvoir, décide de la fin de la parité
pesos/dollar, et reconnaît que 730 000 argentins
de la classe moyenne sont venus grossir les rangs
des 15 millions de pauvres [17] que compte le pays
(40% de la population). C’est un pays ruiné
et épuisé qui devra élire són
nouveau Président le 18 mai 2003. Mais la populatión
ne se languit pas tant des prochaines élections,
ne croyant plus au miracle économique tant
vanté par Carlos Menem…Et une nouvelle
démocratie pourrait bien voir le jour dans
la rue [18] avec une populatión qui a décidé
de prendre són destin entre ses mains, et nón
plus de s’en remettre à des hommes politiques
qui ont échoué à faire renaître
l’espoir de renouer avec une vie digne.
2.c)
Les typologies des revendications: Les grèves
et les manifestations publiques latino américaines
n’ont plus les caractéristiques traditionnelles.
Les revendications sociales et politiques s’unissent
et prennent les mêmes directions: les «cacerolazos»
au Venezuela puis à Buenos Aires pour des motifs
politiques; les raisons politiques et sociales des
«piqueteros» en Argentine. La grève
générale au Venezuela de décembre
2002 a été organisée par le patronat,
et l’objectif de celui-ci n’était
pas seulement le social mais plutôt le
départ du président Chavez. D’autres
secteurs ont été aussi représenté:
les «cocaleros [19]» en Bolivie, la communauté
indienne en Equateur, sans oublier les sollicitations
de la régión du Chiapas.
3)
Les menaces non- militaires: s’ajoutent
à la crise économique régionale,
ayant un impact sur les aspects politiques et sociaux.
Cette dimensión non traditionnelle de sécurité
a une incidence sur la violence, les conflits de toute
nature, l’insécurité généralisée.
Ces menaces sont multiples et mettent à l’épreuve
les politiques publiques des gouvernements en place.
3.a)
Le narcotrafic: Malgré les programmes de
coopératión des Etats-Unis et la mise
à disposition de leurs moyens dans la lutte
contre le trafic des drogues, ainsi que les politiques
mise en place par les gouvernements latino américains,
ces derniers n’ont pas réussi à
endiguer la prolifération de la productión
et du marché. Le produit du narcotrafic est
devenu la source principale de financement de
groupes terroristes dans la régión [20].
Les groupes armés ne sont plus que des prestataires
de protectión ou des associés privilégiés
dans ce marché. Ils sont aujourd’hui
une autre forme des Cartels traditionnels, plus militarisés,
avec une symbolique idéologique, plus politisés,
plus violents à l’égard de la
protectión de leurs affaires. Les politiques
publiques nationales et la coopératión
internationale doivent faire face a ces changements:
narco-guérilla, narco-terrorisme ainsi que
les nouveaux cartels. L’applicatión totale
de directives la commissión interaméricaine
contre les drogues (CICAD) ainsi que les volontés
politiques nationales pourraient-elle freiner ce fléau
et réduire les économies illégales
qui affectent amplement les sociétés?
Le narcotrafic touche plusieurs pays de la région;
il est devenu l’activité principale de
la criminalité organisée. La Colombie,
le Pérou, la Bolivie sont les pays les plus
marqués. Il faut en ajouter d’autres
comme le Guatemala, le Brésil, le Mexique.
L’argent du narcotrafic cherche tous les marchés
financiers de la régión ainsi que les
formes de blanchiment dans les investissements divers.
Défis que les gouvernements doivent maîtriser.
3.b)
Le terrorisme: Depuis des années plusieurs
groupes armés latino américains utilisent
des méthodes et des actions terroristes au
nom de la liberté des peuples [21]; seules
les victimes et les sociétés sauront
que tel n’a pas été l’objectif
de leurs actions. Au niveau international, et seulement
après le 11 septembre 2001, quatre groupes
terroristes [22] ont cette reconnaissance et font
tout pour garder ce statut. Des gouvernements régionaux
[23] hésitent à suivre les positions
venant des Etats-Unis et de l’Unión Européenne,
de même que quelques intellectuels. Un point
de plus de divergence pour ces pays où les
affaires de sécurité et de résolutions
de conflits sont des enjeux majeurs pour le développement
global. Pour ces mouvements de libératión
nationale, qui sont devenus des groupes guérilleros,
puis des insurgés armés, ensuite l’oppositión
armée, ou les acteurs armés des conflits,
et finalement des groupes terroristes. La narco-économie
territoriale et ses bénéfices ont remplacés
les discours et les faits révolutionnaires.
Le narco-trafic, la narco-guérilla et le narco-terrorisme
sont devenus une même et seule activité
: terrorisme et terroriste. Malgré l’activité
de l’OEA et la conventión interaméricaine
contre le terrorisme [24] (CICTE), la mise en place
d’une politique commune régionale n’est
pas pour demain. Le concept de menace internationale
n’est pas uniforme, les idéologies prennent
le dessous et en attendant les victimes mortelles
augmentent. Les Etats et les gouvernements n’ont
pas toujours le même perceptión de la
sécurité: la raisón d’Etat
s’impose.
3.c)
La criminalité transnationale et ses délits
connexes: La criminalité régionale
et transnationale est en progrès. En Amérique
Centrale et en Amérique du Sud, le taux des
délits a augmenté considérablement.
Il n’y a plus de frontières claires entre
les groupes terroristes, les cartels ou la criminalité
organisée. La violence dans ces pays nuie aux
affaires économiques, freine le tourisme et
fait douter les investisseurs étrangers. La
circulatión et le port des armes légères
et de petits calibres au Venezuela, en Colombie, au
Salvador, au Brésil ne font que conforter le
développement de bandes armées. Les
affaires de trafic d’armes et le blanchiment
des finances en provenance de la criminalité
ne se sont pas arrêtés malgré
les conventions respectives de l’OEA [25] et
les systèmes de contrôles financiers
mis en place [26]. L’ensemble de ces faits montre
les limites des politiques publiques de ces gouvernements,
soit par manque de moyens, soit par manque de professionnalisme,
mais dans tous les cas le rôle de l’Etat
d’assurer les biens et les personnes est compromis.
IV) Les facteurs d’intégrations :
politiques, économiques, diplomatiques:
Les
Etats recherchent la cohésión
régionale avec des thèmes majeurs qui
permettront leur participatión dans le jeu
de la mondialisation. Dans le même temps ces
pays doivent donner des réponses aux situations
internes: maîtriser les politiques sociales,
donner confiance aux citoyens sur l’avenir du
pays, assurer et faire respecter le droit, les garanties
et les prINCIPEs constitutionnels. Affronter la mondialisation,
solutionner les problèmes intra régionaux,
récupérer le rôle de l’Etat,
sont les thèmes clefs des agendas politiques.
L’intégratión est t’elle
la bonne voie? C’est le défi des
politiques latino américaines.
Il
y a malgré tout des piliers sur lesquels les
Etats latino américains ont commencé
à s’asseoir, tels que les discussions
sur les prINCIPEs de la souveraineté, les économies
régionales, les aspects relatifs à la
sécurité, le respect des droits de l’homme,…
1) Une approche politique:
Les
concepts de souveraineté de l’Etat et
de mondialisatión ne font guère «bón
ménage», et sont plutôt de l’ordre
du conflictuel. Cet argument est d’ailleurs
largement repris par les mouvements anti-mondialisation.
[27] Le mécanisme qui se met en place avec
la globalisatión pousse les Nations à
se concurrencer de plus en plus fortement les unes
aux autres. Les investissements directs étrangers
(IDE) se font courtiser, et les financiers se comportent
de façón grégaire: au moindre
signe de turbulence, et c’est toute la confiance
qui disparaît, poussant des pays dans des crises
sans précédent (Mexique, Asie du Sud-Est,
Argentine, etc). Les Nations doivent donc, pour attirer
les capitaux, offrir des conditions de rentabilité
optimales, en adoptant une politique au service des
financiers, mais aussi au détriment des inégalités
sociales. La mondialisatión et le libre échangisme
reposent sur les lois du marché. Celui-ci est
exigeant, et poussent les acteurs à une course
à la compétitivité effrénée.
L’Amérique latine n’a pas été
épargnée par les crises, qui ont secouées
tout le continent. Le statut de pays industrialisé
de l’Argentine, antérieur à la
«grande dépression», n’est
plus de mise : le pays est relégué au
rang des nations «émergentes»,
faute d’avoir pu enrayer une grave crise monétaire.
Si le Mexique et le Brésil sont sur la bonne
voie, leurs économies restent néanmoins
très fragile, et accroissent les inégalités.
C’est
dans ce contexte que le rôle de l’Etat
est remis en cause. La souveraineté nationale
s’effrite de plus en plus, au profit des organisations
internationales qui régissent le monde (FMI,
ONU, OMC…). Et c’est bien à cette
crainte de perte de souveraineté que doivent
faire face de nombreux gouvernements d’Amérique
Latine, qui ne parviennent plus à convaincre
une populatión malmenée, du bien fondé
de leurs choix. Les efforts consentis depuis des années
oriente une partie d’entre elle vers les discours
révolutionnaires et populistes, faisant croire
à une solutión possible par le pays
seul, oubliant que les nations ont besoin les
unes des autres pour avoir accès aux biens
pour lesquels elles ne sont pas productives. [28]
Et c’est bien cette cohérence entre un
territoire et són peuple qui est mise à
mal dans ces problématiques. Cette intégratión
politique ne va donc pas de soit, et són imbricatión
à l’intégratión économique
rend són acceptatión d’autant
plus délicate.
2) Les aspects économiques:
Comme
si elle voulait écarter le spectre de la gouvernance
globale, l’Amérique Latine tente de mettre
en place des solutions économiques intermédiaires,
comme nombre d’autres pays du globe. L’intégratión
de marchés économiques régionaux
comme le Mercosur, le Marché Commun de l’Amérique
Centrale (MCCA) et le Caricom sont une réponse
au problème posé par la mondialisation.
En ouvrant leurs marchés respectifs aux autres
Etats membres, les pays espèrent ainsi établir
une zone d’échanges privilégiés.
Mais cette intégratión ne peut fonctionner
que sur des bases de complémentarité
de ces échanges. Ainsi, la Caricom ne semble
pas, de ce point de vue, une réussite, l’ensemble
de ces pays produisant sensiblement les mêmes
produits de base, et n’échangeant donc
que peu de marchandises. Le Mercosur semble l’intégratión
la mieux réussie, avec les deux «grands»
de l’Amérique latine que sont le Brésil
et l’Argentine. Mais les difficultés
actuelles de leurs monnaies respectives, freinent
pour le moment le volume des échanges de cette
intégration régionale. Malgré
tout, les accords passés avec l’Alena
ou l’Unión Européenne principalement,
la place en tête. Mais, à terme, les
pays du Sud devront peut être choisir entre
leurs modèles d’intégratión
régionales, et le vaste projet de ZLEA proposé
par les Etats-Unis. Reste à connaître
les conditions que ces pays pourraient obtenir pour
intégrer cette nouvelle zone couvrant tout
le continent Amérique. En effet, l’exemple
du Mexique ne semble pas convaincre l’ensemble
de l’Amérique du Sud, et les conséquences
liées aux différences de niveau entre
les économies du Nord et celles du Sud pourraient
bien freiner les ardeurs. Si le projet n’est
pas entériné pour autant, nul pays du
Sud ne semble pressé de le concrétiser.
A l’heure actuelle, il semble que l’ Amérique
Latine compte plutôt sur la promesse de l’Organisatión
Mondiale du Commerce (OMC) de finaliser un accord
avant 2005 de libéralisatión des produits
de l’agriculture, et sur la fin des subventions
agricoles américaines et européennes
à l’exportatión pour se refaire
une santé économique.
3) Vers une diplomatie régionale:
Depuis
la résolution 1080 du 05 juin 1991 sur la sécurité
et la protectión des prINCIPEs démocratiques,
la monté en puissance de l’Organisation
des Etats Américains (OEA) ne cesse de s’accroître.
Le renouveau de cette organisatión marque une
nouvelle ère de l’intégration
latino américaine. Les diplomates ont à
nouveau un endroit pour traiter, analyser, et résoudre
les thèmes concernant les affaires stratégiques
et de sécurité régionale. La
diplomatie latino américaine a été
saisie a plusieurs reprises pour faire respecter les
engagements des pays membres: la rupture démocratique
en Haïti, la crise actuelle au Venezuela, la
situation avec le général Oviedo au
Paraguay, les élections présidentielles
régionales, le conflit Pérou- Equateur,
le Pérou de Fujimori…. La diplomatie
s’est montrée plus unie quant il
était questión de contribuer au respect
de prINCIPEs démocratiques: la résolutión
1080/91 de l’OEA, le respect de la Charte Démocratique
de l’OEA de 10/09/01 ainsi que le respect des
droits de l’homme. Mais cette unión s’éloigne
dans les faits de la mise en application des dispositions
type CICAD, CICTE, CIFTA. Les affaires sur trafic
d’armement[29], le narcotrafic en augmentation[30]
ainsi que l’adhésión à
la conventión contre le terrorisme[31] l’ont
démontré. Les domaines de mesures de
confiance, des relations civiques militaires ont trouvé
plus de dynamiques.
Les piliers d’intégratión consensuelles:
Les valeurs démocratiques et la sécurité.
Après
avoir vécu pendant des longues périodes
des gouvernements autoritaires et dictatoriaux, les
pays latino américains «….reconnaissent
que la démocratie représentative est
indispensable à la stabilité, à
la paix et au développement de la région,
et que l’un des buts de l’OEA est de promouvoir
et de consolider la démocratie représentative,
dans le respect du prINCIPE de non-intervention….»
[32]
La sécurité a des racines profondes
et complexes, Elle est un thème de préoccupation
fondamentale chez les citoyens et est devenue, surtout,
un impôt au progrès pour plusieurs pays
de la région. La sécurité doit
trouver ses bases dans la démocratie et le
développement [33].
V) Les Etats-Unis et l’Amérique Latine:
Une solidarité à l’épreuve,
et des alliances de type «tectoniques»
-Première génératión de
solidarité : Première guerre d’Irak.
La carte géopolitique mondiale laisse voir
que le début des années 90’ marque
la fin de la guerre froide ainsi que la disparitión
du système communiste. La fin du monde bipolaire
prend acte. En sortant de ce paradigme manichéen,
l’Amérique Latine cherche à rentrer
dans la communauté de valeurs du nouveau système
international. Elle veut construire le modèle
référentiel qui puisse la rapprocher
du reste du monde, en mettant en place des nouveaux
régimes démocratiques dont elle va dès
lors défendre la pérennité, [34]
l’utilisatión de programmes d’économies
libérales, appliquant ainsi les conseils des
organismes internationaux (BID, FMI, BM,), et le respect
des droits de l’homme, devenant en quelque sorte
le laboratoire du modèle régional.
Pour
les gouvernements de l’époque, la questión
était de faire respecter le nouvel ordre né
de l’après guerre froide, de maintenir
les prINCIPEs d’une sécurité internationale
élargie, de participer au «grand jeu»
de la mondialisatión et de la globalisation:
tels étaient les prINCIPEs politiques et idéologiques
de rigueur des hommes politiques, des hommes d’états
et des secteurs majoritaires de la société.
Mais qui se souciait alors des autres secteurs de
la société, des comptes publics, de
la dette...? Une nouvelle pauvreté se développe
ainsi en parallèle de l’endettement,
qui s’accroît de façón vertigineuse.
C’est
dans ce contexte que l’Irak annexe le Koweït,
violant ainsi l’ordre juridique, la sécurité
internationale et les droits de l’homme. Lorsqu’en
1991, les Nations Unies décident, par des résolutions
du conseil de sécurité, de faire respecter
le droit international en utilisant les forces militaires,
les pays occidentaux et quelques pays arabes décident,
en lien avec les Etats-Unis d’appliquer
ces résolutions. Cette communauté internationale
limitée, dont les pays latino-américains
faisaient partie, était dans l’ensemble
d’accord pour cette méthode. Les Etats-Unis
prennent le commandant militaire et politique de l’affaire.
C’est une guerre contre un gouvernement dictatorial
qui a violé la charte de Nations Unies,
et la mise en place d’un système post
guerre froide par les Etats-Unis et les autres
nations.
En
Amérique Latine, les gouvernements de l’époque
étaient alors plus proches des doctrines politiques
véhiculées par les gardiens du monde.
Il n’y plus dans la régión de
gouvernements militaires, et la représentation
politique de la gauche est montrée délibérément
dans les groupes armés révolutionnaires.
Appropriatión transitoire ou de convenance. Dans
tous les cas, les idées et les prINCIPEs réformistes,
ne sont pas au rendez-vous. C’était la
période des transitions démocratiques.
Il fallait s’intéresser davantage à
la politique étrangère qu’à
celle de l’intérieure : ainsi les aides,
les prêts, la coopération internationale,
les investissements étrangers, se présentent
aux portes de ces pays. Les prINCIPEs de non- opposition,
de laisser-faire étaient déjà
une garantie nécessaire pour recevoir en contrepartie
les services sollicités. L’accélération
de la corruptión fait són chemin.
Dans
cette nouvelle reconfiguratión stratégique
des années 90, il n’y plus un ennemi
désigné: le communisme. Le pacte de
Varsovie et la guerre froide font partis du
passé. ón ne voit pas l’ombre
des nouvelles menaces, des nouvelles sources de conflits
(marginalisation, pauvreté, surendettement
de la société,). Alors les gouvernements
sont solidaires avec les Etats-Unis et la coalition,
les discours politiques d’adhésión
font vague, et la société civile semble
peu en désaccord. La participatión
au conflit est nombreuse et variée, tandis
que l’OEA et des gouvernements donnent un accord
discursif a l’actión armée, d’autre
pays prennent en plus un autre engagement supplémentaire:
l’Argentine envoi un détachement militaire,
le Venezuela et le Mexique aident avec leur pétrole.
Les Etats-Unis et l’Amérique Latine vivent
une période de confiance et de réciprocité
globale.
Deuxième génératión de
solidarité: Guerre contre le terrorisme international.
Lorsque
le 11 septembre 2001 les télévisions
du monde montrent en direct les attentats suicides
contre les symboles du pouvoir économique,
contre la puissance militaire et contre la société
américaine, le monde entier s’étonne.
Immédiatement, la communauté internationale
se solidarise avec les victimes: «nous sommes
tous américains» sont des mots
qui parcourent la planète pour s’identifier
avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis.
Les
systèmes des alliances ainsi que les accords
de sécurité et de coopération
se mettent en place pour lutter contre les auteurs
identifiés de ces attaques: le terrorisme international.
Des instruments juridiques vont être créés,
d’autres seront renforcés et les traités
signés rentrerons en application. L’appareil
militaire des Etats Unis sera l’un des piliers
clef de cette stratégie pour faire face à
la nouvelle menace. D’autres piliers comme la
diplomatie et le renseignement s’associent.
Une nouvelle confrontatión planétaire
armée est née: la 4ème guerre
mondiale.
Les
Nations Unis se saisissent du sujet et rapidement,
mettront en place des structures et créent
un comité d’experts; le système
international est déclenché. Tous les
moyens nécessaires sont mis à dispositión
par l’ONU (Organisatión des Nations Unies)
et les Etats membres pour endiguer la menace terroriste.
Le conseil de sécurité travaille dans
l’objectif de légitimer les futures actions
militaires et juridiques. D’autres systèmes
de sécurité vont s’associer, tels
que L’OTAN et l’OSCE (Organisatión
de Sécurité et de Coopératión
Européenne).
A
l’échelle régionale, les pays
membres de l’Organisation des Etats Américains
sont unanimes pour faire appliquer, pour la première
fois depuis són existence, le Traité
Interaméricaine d’Assistance Réciproque
(TIAR) ou Traité de Rio signé en 1947.
Ce dernier n’a jamais été
utilisé auparavant, malgré les demandes
des pays membres lors d’événements
qui pouvaient pourtant justifier són
recours.[35] L’heure n’était pas
à la solidarité entre latinos.
Au
sein de l’Organisatión des Etats Américains,
le Comité Interaméricain contre le Terrorisme
(CICTE), prend un rôle majeur dans la
stratégie intra-régionale et complémentaire
à celle des Etats-Unis dans la lutte contre
le terrorisme.
L’Amérique
Latine va encore plus loin, le terrorisme a une incidence
non seulement sur la sécurité territoriale:
«… considère que le terrorisme
constitue une grave menace pour les valeurs démocratiques,
pour la paix et la sécurité internationales,
et qu'il est une cause de préoccupatión
profonde pour tous les États membres. Il est
nécessaire donc d'adopter au sein du système
interaméricain des mesures efficaces pour prévenir,
sanctionner et éliminer le terrorisme aux termes
de la coopératión la plus large. Et
les conséquences sont aussi de nature non-
sécuritaires : les graves dommages économiques
causés aux États qui peuvent résulter
d'actes terroristes représentent l'un des facteurs
qui sous-tendent la nécessité de la
coopératión et l'urgence des efforts
à déployer pour éliminer le terrorisme
».[36] La lutte contre le terrorisme
s’accentue en Amérique Latine : Les gouvernements
de la régión acceptent volontairement
la coopératión active des Etats-Unis
dans divers pays : La Colombie dans la lutte contre
les groupes terroristes : FARC, ELN et les AUC.
Au Pérou contre le Sentier Lumineux. A la Triple
Frontière (Paraguay, Argentine et Brésil)
contre des groupes soupçonnés de faire
partie des proches de Ben Laden. La contributión
latino américaine est récompensée
par des programmes d’aides économiques
de la part des Etats-Unis. Le développement
global passe par la sécurité et la coopération.
La solidarité des latino américains
envers l’initiative des Etats-Unis de lutter
contre le terrorisme international, a été
rapidement acceptée par l’ensemble des
gouvernements. C’était une manière
de légitimer et un besoin de reconnaissance
sur le passé de violence que ces pays ont vécu.
Le souvenir des actions terroristes des années
70-80 et leurs conséquences néfastes,
sont toujours dans la pensée collective de
la société. Les attentats graves contre
la communauté juive en Argentine dans les années
90’ ont interpellé la communauté
internationale. D’autres pays comme la Colombie
et, de façón moindre, le Pérou,
sont encore dans la spirale de la violence terroriste.
Troisième génératión de
solidarité: une guerre de trop.
Douze
ans ont passé depuis la première guerre
du golf, le contexte international et régional
n’est pas le même. Partout ailleurs, les
conflits sociaux prolifèrent, la criminalité
augmente, les crises de toute sorte secouent
la région. Un autre type de violence s’incruste
dans la société: la radicalisatión
puis la polarisatión des populations entre
elles pour des motifs divers. Soit pour des raisons
politiques, soit pour des situations d’ordre
économiques ou sociales. Très rapidement,
des responsables sont désignés: la mondialisatión
comme système et les Etats-Unis comme représentant
de ce modèle international.
Cet
antiaméricanisme de la société
a des explications rationnelles, mais est avant
tout d’ordre sensible. Le refus du modèle
a été justifié par l’échec
constaté. Les conséquences touchent
maintenant toutes les classes sociales sans exception. Pour
ces sociétés là, les résultats
catastrophiques des politiques du FMI, l’impact
négatif de la mondialisation ainsi que
la situatión critique des pays de la régión
ont un seule origine : la façón d’agir
des Etats-Unis, en imposant sa politique étrangère,
són modèle économique et són
modèle de société. La pressión
politique est l’instrument diplomatique en vigueur.
Le droit international, l’autonomie de décisión
des Etats, ainsi que les organismes internationaux
comme l’OEA, l’ONU et l’ OMC sont
limités dans leurs fonctions. L’hyper
puissance continue de s’imposer au nom de la
sécurité et de la nouvelle menace internationale.
Contribue
à cette visión antinomique de la société
l’arrivée au pouvoir des gouvernements
populistes dans des régions où
l’antiaméricanisme fait recette. Les
présidents Hugo Chàvez au Venezuela,
Luciano Gutierrez en Equateur et Lula da Silva au
Brésil. Les mouvements de contestatión
divers vont s’associer à cette démarche
en ayant parfois des partenaires faisant partie de
groupes terroristes. L’anti-mondialisation,
l’anti-globalisation, l’anti-américanisme,
les revendications anti-monde sont devenues à
la mode et l’Amérique latine y participe.
Pourquoi
donc une nouvelle guerre? Au nom de quels prINCIPEs
juridiques? Quel est le chef d’inculpatión
des accusés? Le dossier d’instructión
de Saddam Hussein n’a pas convaincu tout le
monde. Pourquoi provoquer un nouvel éclatement
dans le désordre mondial? Telles sont les questions
posées par les gouvernements et la société
latino américaine. La sécurité
internationale, la lutte contre le terrorisme, la
lutte contre la prolifération des armes de
destructión massive a été la
réponse. Mais la régión
des Amériques pensait plutôt aux
défenses des intérêts vitaux des
Etats-Unis, en premier lieu les ressources énergétiques,
puis en second une nouvelle reconfiguratión
stratégique dans le moyen orient, et finalement
à la volonté de puissance matérialisée.
Dans tout les cas, l’existence et le rôle
des Nations Unies, les prINCIPEs du droit international
ainsi que les systèmes des alliances sont remis
en cause. Une crise internationale s’installe.
Le
prINCIPE de la guerre juste est en débat sur
l’échiquier international et l’est
aussi dans la région. Des 34 pays membres de
l’OEA, seulement sept [37] ont fait partie de
la coalition aux cotés des Etats-Unis.
D’autres n’ont pas eu ces mêmes
positions: Le Mexique, le Brésil, le Chili,
le Venezuela, l’Argentine et le Pérou
l’ont fait savoir d’une manière
très ouverte. Le reste des pays a manifesté
són désaccord avec moins de publicité.
Les clivages idéologiques, les confrontations
politiques, la désarticulation des alliances
ne sont pas seulement circonstanciels, mais mettent
en péril la coopératión future
des Etats-Unis envers ces pays qui ont osé
dire non.
La solidarité latino américaine envers
les Etats-Unis n’est plus un chèque en
blanc, elle est devenue le rapport de forces et le
nouvel enjeu politique pour les diplomaties des gouvernements
en place, avec une société civile qui
se fait entendre de plus en plus fort, et par tous
les moyens.
Les positions latino américaines pendant le
conflit armé
Les
présidents de Mexique et du Chili, M. Vicente
Fox et Ricardo Lagos «ont regrettés profondément
l’éclatement de la guerre en Irak».
Ces deux pays sont membres non- permanents du Conseil
de Sécurité des Nations Unis. Le Mexique
fait partie de l’Alena avec les Etats-Unis et
le Canada. Le Chili veut devenir partenaire privilégié
avec les Etats-Unis. La positión que devait
prendre ces gouvernements au Conseil de sécurité
était considérée comme fondamentale
par l’administratión américaine
dans un moment où il était nécessaire
de compter avec des soutiens pour agir militairement.
Le
président Luis Lula da Silva du Brésil
«a qualifié de irrespectueux envers les
Nations Unies l’attitude de són homologue
américain». Le gouvernement cubain a
décrit l’actión américaine
comme un génocide avec des conséquences
imprévisibles pour le reste de l’humanité»
L’Argentine par l’intermédiaire
de són ministre des affaires étrangères,
a fait savoir «qu’elle est opposée
au bombardement de la populatión en Irak»
malgré les relations amicales avec les Etats-Unis.
Le vice président du Venezuela, José
Vicente Rangel a critiqué l’interventión
américaine. «Il a précisé
que les USA et la Grande Bretagne utilisent le conflit
armé comme une forme de pressión envers
l’OPEP».
Trois
prix Nobel de la paix ont critiqués l’actión
militaire en Irak: la guatémaltèque
Rigoberta Menchu, l’ancien président
de Costa Rica Oscar Arias et l’argentin Perez
Ezquivel: «arrogance des Etats-Unis» «anticipation
d’un génocide» ont été
les mots utilisés. Les pays membres du Mercosur
«n’ont pas acceptés la décisión
des Etats-Unis d’attaquer l’Irak sans
l’autorisation des Nations Unis», et «Ne
participeront à aucune actión
militaire et n’appuierons ni les Etats-Unis
ni la Grande Bretagne» ont-ils précisé.
De
Mexique à Santiago, en passant par Bogota,
Caracas et Buenos Aires, des manifestations réunissant
les étudiants, les syndicats, les ONG’s,
les partis politiques ainsi que la société
civile se sont donnés rendez-vous afin d’exprimer
le désaccord envers l’interventión
militaire américaine en Irak.
Des
positions moins catégoriques en provenance
de la Bolivie, le Pérou et le Paraguay. Ils
ont manifestés pour la paix mais sans être
explicitement contre l’interventión américaine
en Irak. La pression de Washingtón se fait
sentir.
Par
contre, la Colombie, le Honduras, El Salvador, le
Costa Rica, la République Dominicaine, et le
Nicaragua ont adhérés publiquement
à l’initiative de la maisón blanche
et ont participés à la coalitión
aux coté des Etats-Unis selón les capacités
et les moyens de chacun d’eux.
L’Amérique Latine après le 11
Septembre: L’Afrique dans la balance…
Depuis
le 11 septembre 2001, l’Amérique Latine
est passée au deuxième plan dans la
politique étrangère des Etats Unis.
«L’Amérique Latine a été
affectée par le 11 Septembre, surtout par le
manque d’attention” [38]
Avant
les attentats il y avait de bonnes expectatives, mais
ensuite l’attention s’est orientée
vers la guerre contre le terrorisme. La préoccupatión
centrale des Etats-Unis envers l’Amérique
Latine est sans doute les affaires de sécurité.
Les
accords commerciaux sont sujets à un traitement
dans le cadre de la politique de sécurité
et selón les intérêts vitaux de
l’administratión américaine.
Et
l’Afrique donc: Selón la nouvelle
stratégie de sécurité nationale
du président Bush, «l'Afrique revêt
une grande importance pour la paix et la sécurité
dans le monde et le continent recevra des États-Unis
un maximum d'aide en faveur de són développement
politique et économique», écrit
Jim Fisher-Thompson, rédacteur du «Washingtón
File», service Afrique, qui a interviewé
plusieurs hauts fonctionnaires actuels et anciens
ainsi que d'éminents universitaires à
propos des passages du rapport sur la stratégie
de sécurité nationale se rapportant
à la politique américaine à l'égard
de l'Afrique.
La post guerre d’Irak: et après…..
Dès
la fin de la guerre en Irak un constat est fait: ce
conflit a désarticulé transitoirement
les systèmes des alliances en Occident et a
cassé le pilier d’un ordre international
qui était basé sur l’existence
des Nations Unis comme le forum de résolutión
des controverses par le consensus.
Il
est évident qu’il y aura un avant et
un après Irak 2003. Le bilan, en ce qui concerne
l’architecture internationale est de nature
difficile à reconstruire: l’équilibre
international a été brisé, ón
est passé au-delà du droit international
et finalement, le multilatéralisme dans lequel
ón a vécu depuis plus de 50 ans est
enfoui.
Dans
cette nouvelle reconfiguratión internationale,
les gouvernements latino américains suivent
de près les affaires européennes, car
s’ils ne consolident pas un pôle occidental
alternatif aux Etats-Unis, une Europe unie, l’espoir
de survie de l’Amérique Latine en tant
que continent indépendant est compromis. Seule
la constructión d’un partenariat entre
l’Europe et l’Amérique Latine pourrait
concurrencer avec l’uni polarité de l’hyper
puissance. Le moment historique est re-venu pour l’Europe
de véhiculer ses valeurs à la place
des Etats Unis: la solidarité, le concept de
relations sociales, les multiples formes de vie sociales,
l’état de bien-être ainsi qu’une
certaine pudeur libérale, pourront contribuer
à la formatión d’une nouvelle
visión du monde.
Les
répercutions par rapport aux positions tenues
pendant le conflit auront des résultats variés:
les négociations agricoles avec les pays producteurs
sud-américains au sein de l’OMC vont
être compromis. La signature du traité
de libre commerce entre le Chili et les Etats-Unis
fait partie d’un agenda à posteriori.
Il
existe un conflit armé en Colombie qui jouxte
cinq pays, une instabilité au Venezuela, ainsi
que des activités illicites à la Triple
Frontière (Paraguay, Brésil et Argentine).
Ces situations doivent être sans doute dans
l’agenda de sécurité américaine.
Lesquels de ces trois théâtres accueilleront
les forces militaires américaines en applicatión
de la doctrine de la préemption?
París, Junio
de 2003
-
[1] Selón
la positión et la vision stratégique
des Etats Unis
-
[2] En référence
aux discours de Hugo Chavez, Fidel Castro, les
manifestations des piqueteros, les cacerolazos
en Argentine, au Venezuela …..
-
[3] Marc Saint UPERY,
Le Monde Diplomatique – janvier 2003.
-
-
[5] Claire Liénant
et Julie Chansel, dossier sur le Venezuela
Le Monde.2002.
-
[6] Interview donnée
à Patrick Wajsmann, directeur de la revue
Politique internationale, édition N°82
(1998/1999).
-
[7] Le monde
du 11/04/2003.
-
[8]ALAI, América
Latina en Movimiento du 19/09/2002 : «Brésil:
plébiscite national sur la ZLEA et
Alcántara». Les résultats
montrent que les citoyens brésiliens refusent
de façon claire et massive la signature
du traité de la ZLEA par le gouvernement
brésilien, (nón à 98.33%),
la poursuite de la participat