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"Oú va l'Amérique Latine: Des violences, des crises, des passions politiques"

Mario Sandoval
Professeur, Université Paris III, Sorbonne-Nouvelle: IHEAL
Pôle de Recherche «Guerres, menaces et conflits de l’ED122»
Université de Marne La Vallée: DESS «Maîtrise des Armements et Désarmement»


Investigador Asociado del INCIPE

Introduction
 
A peine sortie de  la post guerre froide, l’Amérique Latine  entrait dans la 4ème guerre mondiale [1], demeurant ainsi le théâtre  politique de crises et de conflits. La continuité semble donc s’installer.  Ces phénomènes ont attirés l’attentión de la communauté internationale par la violence des actions, leur démesure et excentricité. La passión occupe toujours le centre des débats et de la vie sociétale. En présence de ce cadre «conflitologique», les volontés d’intégration restent confrontées aux déséquilibres. 


Les diversités latino-américaines: sources d’une implosión régionale?

L’articulation des indicateurs régionaux, comme la mise en place des gouvernements à géométrie variable et leurs politiques, le développement des points de ruptures à l’intérieur  ainsi que les aspirations coopératives montrent une particularité «latino»: il faut croire que le domaine du «sensible» correspond au comportement des actions publiques comme  privées [2]. L’espace cartésien est en balance avec l’émotionnel. Les résultats de ce mode de management «typique» peuvent avoir des conséquences, soit de rapprochement soit d’éloignement, dans toutes les sphères de la vie individuelle ou collective. L’interaction, parfois jusqu’au clivage de ces éléments peut agir individuellement ou de manière complémentaire. Mais dans tous les cas leurs conséquences auront un impact sur la société nationale, l’environnement régional, et sur la communauté internationale. 

I) Des gouvernements Latino-Américains: une tendance, mais la diversité


Lucio Gutierrez en Equateur: Tout comme són homologue vénézuélien Hugo Chavez, M. Lucio Gutiérrez, vainqueur de l'électión présidentielle d’Equateur du 24 novembre 2002, s'est d'abord fait connaître en participant à un soulèvement militaire. En effet, le 21 janvier 2000, un groupe de jeunes officiers appuyé par des milliers d'indigènes de la Confédératión de nationalités indigènes d'Equateur (Conaie) s'était emparé pour quelques heures des sièges du pouvoir législatif et exécutif de cette république andine de 12,5 millions d'habitants, provoquant la chute du gouvernement de M. Jamil Mahuad. Le nouveau président a déclaré que són but n'était pas de polariser et de diviser la société, souhaitant ainsi mettre un terme aux «rapprochements» que lui fait la presse avec Hugo Chavez.  Par ailleurs, la situatión économique est préoccupante, puisqu’en  2003, le service de la dette extérieure publique (plus de 12 milliards de dollars, près de 80 % du PIB) [3] coûtera à l'Equateur 2 milliards de dollars. Le déficit fiscal de 2002 est estimé pour sa part à près de 250 millions de dollars. La conscience de ces difficultés explique peut-être que l'Equateur n'ait pas vécu de grande euphorie post-électorale, comme ce fût le cas au Venezuela.  La Colombie du Président Alvaro Uribe: Pratiquement inconnu avant són élection, le dissident du Parti Libéral Alvaro Uribe a remporté  l'élection présidentielle de Colombie avec 53% des suffrages. Investi le 7 août 2002, c'est la première fois qu'un président colombien est élu au 1er tour depuis l'instauratión des deux tours, en 1994, et qui plus est, d’un candidat sans parti. Ex-maire de Medellin, ex-sénateur et ex-gouverneur du département d'Antioquia, Alvaro Uribe, a semble t’il dû són avantage sur le candidat du Parti Libéral, Horacio Serpa,  pour sa positión intransigeante envers les groupes armés illégaux, tandis  que són principal adversaire avait mené une campagne axée sur des problèmes sociaux, notamment l'emploi et les tarifs des services publics [4]. Sa tâche semble donc immense, avec, pour premier challenge, celui de rester en vie pour mener à bien sa promesse électorale de ramener la paix dans un pays qui connaît un conflit armé grave depuis près de 40 ans. Entre les négociations ouvertes par Andres Pastrana avec les Forces Armées Révolutionnaires- Armée Populaire (FARC-Ep) et l’Armée de Libération Nationale (ELN) sans contrepartie, et l’exigence d’un cessez le feu imposé par Alvaro Uribe à tous les groupes «hors la loi» avant l’ouverture de négociations, le pays cherche à se sortir de la violence par tous les moyens. Mais la Colombie saura-t-elle trouver l’équilibre, et le chemin de l’espoir du retour de la paix? C’est là le défi du nouveau gouvernement, qui a placé ce combat en tête de són action.

Le Venezuela du Président Hugo Chavez: Lieutenant-colonel d'un commando spécial de parachutistes en 1992, c’est après avoir pris la tête, le 4 février, d'une tentative de soulèvement contre le président Carlos Andres Perez, (qu'il accusait de corruption), que Hugo Chavez se fait connaître de la population. Après deux années passées en prison, il mènera cette fois-ci une campagne politique, basée sur une justice sociale, et l’anti-néolibéralisme, dénonçant le clientélisme et la corruption des hommes politiques. Elu une première fois à la présidence le 6 décembre 1998, il est réélu  pour  un mandat, passé de 5 à 6 ans  en juillet 2000, après avoir établi  une nouvelle constitutión «Bolivarienne», étendant les pouvoirs présidentiels. Arrivé en sauveur en 1998, Hugo Chavez est rapidement pris à parti par une opposition intérieure croissante, qui conduira au coup d’Etat civico-militaire mené par le patronat, un secteur de l’armée ainsi que le  principal syndicat du pays, la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV),  le 11 avril 2002. Revenu au pouvoir 48 heures plus tard, il est dès lors confronté à une crise sans précédent. [5] Ses prises de position (vis-à-vis de Cuba, l’Irak, les négociations sur le prix du pétrole auprès de l’OPEP …) et ses «références politico-intellectuelles» affichées (bolivarisme, robinsonisme et zamorisme), [6] ont fait  du Président Chavez l’un des personnages politiques de l’Amérique Latine déchaînant le plus les passions,  de la part de ses «supporters» comme de ses détracteurs.

Le Brésil du Président «Lula»: Le 1er janvier 2003, Luiz Inacio Lula da Silva, dit «Lula», a pris officiellement sa fonctión de président du Brésil. Membre du parti des travailleurs, sa victoire a suscité nombre d’espoirs chez la populatión brésilienne. En particulier, ses réformes sont très attendues par le Mouvement des sans terres (MST), qui ont placé en Lula une confiance acquise notamment par le passé de l’ancien métallurgiste, et són militantisme au sein du Parti des Travailleurs (PT). Mais d’autres institutions attendent de Lula d’autres promesses, notamment le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale. Disposant ainsi d’une marge de manœuvre relativement faible, Lula semble avoir néanmoins franchi le cap de ses 100 jours de mandat avec une côte de popularité intacte, et, malgré une progressión du chômage, une économie qui regagne en crédibilité[7]: le dollar, qui frôlait les 4 reals en décembre 2002, s'échangeait ces derniers jours autour de 3,20 reals. Quant au risque-pays, il vient de repasser sous la barre des 1 000 points après avoir culminé à 2 400 points en septembre 2002. Pour Lula, "Le monde croit de nouveau au Brésil". Mais, si la contestatión sociale n’est pas encore à l’ordre du jour, certaines voix s’élèvent déjà pour dénoncer l’absence de changement, pourtant  prôné par Lula lors de sa campagne présidentielle, l’accusant de faire le jeu du FMI, et de ne pas engager suffisamment de mesures pour le combat contre la faim, qu’il a pourtant placé dans ses priorités. La tâche de Lula s’avère donc immense, entre le contentement des financiers et celui d’un peuple rempli d’espoir. Beaucoup de pays voisins sont dans l’attente d’un signe fort du leader économique de la région, en faveur d’une unité des pays latino-américains, alors que le débat sur la Zone de Libre Echange Américaine (ZLEA) [8] inquiète, notamment par le retour d’un certain protectionnisme de l’administratión BUSH.
 
Alejandro Toledo, un indien à la tête du Pérou: en effet, ce descendant des Quechuas est le premier président de sang indien, et probablement le premier aussi en Amérique latine à avoir axé sa campagne sur la fierté de ses origines et de són parcours exemplaire de «petit cireur de chaussures devenu économiste à la Banque mondiale», [9] après de brillantes études. Il est élu à la présidence le 5 juin 2001,  après avoir gagné ses galons pour són rôle dans la chute d’Alberto Fujimori en novembre 2000, et refusé de participer au second tour contre le président en mai dernier pour cause de fraude électorale. C’est donc porteur des espoirs de démocratie qu’Alejandro Toledo a pris le pouvoir, avec la promesse d’être le «Président de tous les Péruviens» en restant malgré tout confronté à deux défis majeurs: la consolidatión de la démocratie et la réactivation de l’économie. Mais il semble que  le choix de la méthode de la franchise adopté par le Président  risque bien de se retourner contre lui, puisque, après 16 mois à la Présidence, les résultats des élections municipales et départementales sont un sérieux revers pour són parti, «Pérou possible». [10] Ce scrutin a d’ailleurs été marqué par la réapparitión du Sentier lumineux, qui, après deux ans de silence, a abattu un officier de police et blessé quatre policiers lors d'une embuscade.

Le Mexique de Vicente Fox: Elu à la présidence des Etats-Unis du Mexique après 71 ans de dominatión du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), Vicente Fox est entré en fonctión le 1er décembre 2000. L'ex-directeur de Coca-Cola au Mexique et en Amérique Central a entamé son mandat de six ans (nón renouvelable) tambour battant, avec pour objectif  de lutter contre la pauvreté et contre la corruptión qui gangrène le pays. Car, malgré une forte croissance économique (7,6% au premier semestre 2000) et un peso stable, 40% des 94 millions de Mexicains restent touchés par une misère totale en 2000. [11] Lors de sa visite à Paris en novembre 2002, le président mexicain a présenté són pays comme «l'exceptión d'une Amérique latine en crise». Mais cette  réussite ne cache pas la contrepartie sociale que paye  le Mexique, et són intégratión à l’ALENA reste ponctuée malgré tout de conflits commerciaux (notamment la «guerre du sucre»). [12] Les accords de libre échange passés avec l’Unión Européenne (qui rentreront en vigueur en 2007)  pourront ils permettrent au Mexique de jouer un rôle central entre le Nord et le Sud au cœur de la future ZLEA, ainsi qu’un port d’entrée idéal pour l’Europe?  

L’Argentine des «piqueteros»: Lorsque Fernando de la Rua est élu à la tête du gouvernement argentin en octobre 1999, le pays  connaît une situatión économique qui s’est fortement dégradée depuis 1998. Avec un déficit budgétaire vertigineux, des déséquilibres macroéconomiques, le cercle vicieux de l’endettement s’installe durablement, d’autant que l’environnement financier international reste défavorable. En misant sa politique économique sur l’amélioration du risque-pays, de la Rua tentera de rompre ce cercle vicieux. Mais la croissance économique et le déficit de l’Argentine continuent de chuter. Malgré de nombreux remaniements ministériels, et  la nominatión de Domingo Cavallo, (le «père» de la parité pesos/dollar), de retour au Ministère de l’économie, ne réussiront pas à rassurer les investisseurs. Fin 2001, celui que les Argentins ont surnommé «Louis XXXII» démissionne, sous une pressión populaire immense. S’ensuivent alors la nomination de 5 Présidents en 2 semaines, et la successión de mesures…sans lendemain. Devant le danger qu’encoure la démocratie, les parlementaires  décident enfin de faire taire leurs différents politiques, en désignant Eduardo Duhalde président, le 2 janvier 2002. Malgré un léger redressement des indicateurs économiques, la situatión économique et politique reste tendue, et les Argentins ne semblent pas pressés de se rendre aux urnes pour élire leur nouveau président, ne voyant pas venir de grands changements de la part d’une classe politique de plus en plus discréditée à leurs yeux.


II) Les investissements étrangers: en danger:

Les crises économiques régionales, les conflits sociaux qu’y  en découlent, les problèmes de sécurité intérieure liés aux installations  et au personnel, les conflits armés, la fin des privations ainsi que le contexte international mettent en jeux le management politique pour attirer les investissements étrangers.
En 2002, pour la troisième année consécutive, la  tendance descendante  des flux d’investissements étrangers directs (IED) destinés à l’Amérique Latine perdure. Ces derniers ont diminués de 33% par rapport à 2001, passant de 84.000 à 56.700 milliards de dollars [13].
Au contraire de ce qui c’est passé en 2001, la chute des flux vers la régión a été plus élevée que celle enregistrée au niveau mondial. La décroissance ne persiste pas seulement, depuis trois années consécutives le rythme s’accélère. En 2000 elle a été de 12,6% et de 11% en 2001. En 2002 le transfert net de ressources de l’IED a augmenté de plus du 4% du PIB en Amérique Latine alors que ces mêmes transferts ont été réduits de 2%. 
Les crises d’Argentine, d’Uruguay et du Venezuela ont contribués à plus d’aversion au risque et  moins aux IED, ce qui a déterminé la réductión et l’incertitude chez les investisseurs  étrangers.
Au Mexique, en Amérique Centrale et dans les pays de la Caraïbe, le transfert net de l’IED a baissé de 40% en 2002. Une  partie de cette réductión est attribuée à  la situatión exceptionnelle de 2001, et la conséquence de l’achat au Mexique de la Banque Banamex par le Citygroupe de 12.5000 milliards de dollars. Malgré cette situatión grâce a l’ IED  dans les services financiers, ainsi que dans  le secteur des manufactures, l’année 2002 a gardé des niveaux historiques.
En Amérique du Sud, l’IED est descendu à 31% en 2002. Cependant, les résultats sont différents dans la Communauté Andine, et dû à la situatión particulière du Venezuela, où  il y a eu une réductión d’IED de 18%. Le secteur d’hydrocarbures a été le plus exposé dans un contexte conflictuel. Au Mercosur et au Chili, l’IED a été de 35% du en particulier au frein des processus de privatisations et aux crises économiques d’Argentine et Uruguay,  ainsi que la croissance réduite au Brésil et au Chili.

III) Les facteurs multiplicateurs qui contribuent à l’absence de stabilité régionale: La
régión développe des éléments perturbateurs qui empêchent la cohésion sociale, éloigne les citoyens entre eux,  les gouvernements de leur rôle initial, affaibli la justice, accroît le désintérêt  pour la politique, met en péril le système d’intégration régional et montre une conflictualité récurrente au regard de la communauté internationale.

1) La corruption: En Amérique Latine la corruptión continue à saper la légitimité des institutions politiques, porter atteinte à la société, à l'ordre moral et à la justice, ainsi qu'au développement intégral de ces pays. De plus,  ce fléau est souvent l’un des instruments dont se servent les organisations criminelles, le narco trafic, le commerce et les finances illégales,  pour atteindre leurs buts. Malgré  les objectifs et l’adhésión des pays de la régión à la conventión interaméricaine contre la corruptión de l’OEA, [14] la société politique ne fait rien pour s’en débarrasser. Les Etats et leurs institutions doivent faire le choix, soit de continuer une traditión politique, clientéliste et  sociale, ne faisant pas respecter les normes juridiques, soit de rentrer dans un développement global tout en appliquant la justice.

2) Les conflits sociaux: Résultats des crises économiques nationales et de l’impact de l’environnement international, mais surtout du  mauvais management des affaires publiques de la part des gestionnaires qui en ont la charge, les politiques intérieures et la pressión des organismes internationaux, [15] les divers secteurs de la société civile ont démontrés néanmoins leur capacité de faire entendre leurs voix aux gouvernements en place .Les demandes syndicales multisectorielles, les manifestations anti-mondialisation, les mouvements des chômeurs, des classes sociales défavorisées et même les patrons  participent aux clivages politiques et sociaux dans les pays de la région.

2.a) Grève prolongée au Venezuela: depuis le 02 décembre 2002, une grève générale a paralysée le Venezuela pendant deux mois, et, bien que levée actuellement, la situatión est toujours aussi bloquée entre le bouillant "président des pauvres" et la Coordinatión démocratique, emmenée par le patronat et le principal syndicat, la Confédératión des travailleurs du Venezuela (CTV), tandis qu’un contrôle des changes a été instauré pour tenter d’enrayer la fuite des capitaux, sur fond d’une population profondément divisée. Cette grève a coûté près de 4 milliards de dollars au pays, 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi et 20 000 PME sont menacées. [16]

2.b) L’Argentine convulsée: Les concerts de casseroles retentissant dans Buenos Aires et les «piqueteros» manifestant dans tout le pays sonnent le glas d’une classe politique tant décriée, et rejettent les organismes  internationaux qui  ont affamé une grande partie du peuple argentin. Duhalde, en prenant le pouvoir, décide de la fin de la parité pesos/dollar, et reconnaît que 730 000 argentins de la classe moyenne sont venus grossir les rangs des 15 millions de pauvres [17] que compte le pays (40% de la population). C’est un pays ruiné et épuisé qui devra élire són nouveau Président le 18 mai 2003. Mais la populatión ne se languit pas tant des prochaines élections, ne croyant plus au miracle économique tant vanté par Carlos Menem…Et une nouvelle démocratie pourrait bien voir le jour dans la rue [18] avec une populatión qui a décidé de prendre són destin entre ses mains, et nón plus de s’en remettre à des hommes politiques  qui ont échoué à faire renaître l’espoir de renouer avec une vie digne.

2.c) Les typologies des revendications: Les grèves et les manifestations publiques latino américaines n’ont plus les caractéristiques traditionnelles. Les revendications sociales et politiques s’unissent et prennent les mêmes directions: les «cacerolazos» au Venezuela puis à Buenos Aires pour des motifs politiques; les raisons politiques et sociales des «piqueteros» en Argentine. La grève générale au Venezuela de décembre 2002 a été organisée par le patronat, et l’objectif de celui-ci n’était pas seulement le social  mais plutôt le départ du président Chavez. D’autres secteurs ont été aussi représenté: les «cocaleros [19]» en Bolivie, la communauté indienne en Equateur, sans oublier les sollicitations de la régión du Chiapas.
 
3) Les menaces non- militaires: s’ajoutent à la crise économique régionale, ayant un impact sur les aspects politiques et sociaux. Cette dimensión non traditionnelle de sécurité a une incidence sur la violence, les conflits de toute nature, l’insécurité généralisée. Ces menaces sont multiples et mettent à l’épreuve les politiques publiques des gouvernements en place.
 
3.a) Le narcotrafic: Malgré les programmes de coopératión des Etats-Unis et la mise à disposition de leurs moyens dans la lutte contre le trafic des drogues, ainsi que les politiques mise en place par les gouvernements latino américains, ces derniers n’ont pas réussi à endiguer la prolifération de la productión et du marché. Le produit du narcotrafic est devenu la source principale de financement  de groupes terroristes dans la régión [20]. Les groupes armés ne sont plus que des prestataires de protectión ou des associés privilégiés dans ce marché. Ils sont aujourd’hui une autre forme des Cartels traditionnels, plus militarisés, avec une symbolique idéologique, plus politisés, plus violents à l’égard de la protectión de leurs affaires. Les politiques publiques nationales et la coopératión internationale doivent faire face a ces changements: narco-guérilla, narco-terrorisme ainsi que les nouveaux cartels. L’applicatión totale de directives la commissión interaméricaine contre les drogues (CICAD) ainsi que les volontés politiques nationales pourraient-elle freiner ce fléau et réduire les économies illégales qui affectent amplement les sociétés? Le narcotrafic touche plusieurs pays de la région; il est devenu l’activité principale de la criminalité organisée. La Colombie, le Pérou, la Bolivie sont les pays les plus marqués. Il faut en ajouter d’autres comme le Guatemala, le Brésil, le Mexique. L’argent du narcotrafic cherche tous les marchés financiers de la régión ainsi que les formes de blanchiment dans les investissements divers. Défis que les gouvernements doivent maîtriser. 
 
3.b) Le terrorisme: Depuis des années plusieurs groupes armés latino américains utilisent des méthodes et des actions terroristes au nom de la liberté des peuples [21]; seules les victimes et les sociétés sauront que tel n’a pas été l’objectif de leurs actions. Au niveau international, et seulement après le 11 septembre 2001, quatre groupes terroristes [22] ont cette reconnaissance et font tout pour garder ce statut. Des gouvernements régionaux [23]  hésitent à suivre les positions venant des Etats-Unis et de l’Unión Européenne, de même que quelques intellectuels. Un point de plus de divergence pour ces pays où les affaires de sécurité et de résolutions de conflits sont des enjeux majeurs pour le développement global. Pour ces mouvements de libératión nationale, qui sont devenus des groupes guérilleros, puis des insurgés armés, ensuite l’oppositión armée, ou les acteurs armés des conflits, et finalement  des groupes terroristes. La narco-économie territoriale et ses bénéfices ont remplacés les discours et les faits révolutionnaires. Le narco-trafic, la narco-guérilla et le narco-terrorisme sont devenus une même et seule activité : terrorisme et terroriste. Malgré l’activité de l’OEA et la conventión interaméricaine contre le terrorisme [24] (CICTE), la mise en place d’une politique commune régionale n’est pas pour demain. Le concept de menace internationale n’est pas uniforme, les idéologies prennent le dessous et en attendant les victimes mortelles augmentent. Les Etats et les gouvernements n’ont pas toujours le même perceptión de la sécurité: la raisón d’Etat s’impose.

3.c) La criminalité transnationale et ses délits connexes: La criminalité régionale et transnationale est en progrès. En Amérique Centrale et en Amérique du Sud, le taux des délits a augmenté considérablement. Il n’y a plus de frontières claires entre les groupes terroristes, les cartels ou la criminalité organisée. La violence dans ces pays nuie aux affaires économiques, freine le tourisme et fait douter les investisseurs étrangers. La circulatión et le port des armes légères et de petits calibres au Venezuela, en Colombie, au Salvador, au Brésil ne font que conforter le développement de bandes armées. Les affaires de trafic d’armes et le blanchiment des finances en provenance de la criminalité ne se sont pas arrêtés malgré les conventions respectives de l’OEA [25] et les systèmes de contrôles financiers mis en place [26]. L’ensemble de ces faits montre  les limites des politiques publiques de ces gouvernements, soit par manque de moyens, soit par manque de professionnalisme, mais dans tous les cas le rôle de l’Etat d’assurer les biens et les personnes est compromis. 

IV) Les facteurs d’intégrations : politiques, économiques, diplomatiques:

Les Etats recherchent  la cohésión régionale avec des thèmes majeurs qui permettront leur participatión dans le jeu de la mondialisation. Dans le même temps ces  pays doivent donner des réponses aux situations internes: maîtriser les politiques sociales, donner confiance aux citoyens sur l’avenir du pays, assurer et faire respecter le droit, les garanties et les prINCIPEs constitutionnels. Affronter la mondialisation, solutionner les problèmes intra régionaux, récupérer le rôle de l’Etat, sont les thèmes clefs des agendas politiques. L’intégratión est t’elle la  bonne voie? C’est le défi des politiques latino américaines.

Il y a malgré tout des piliers sur lesquels les Etats latino américains ont commencé à s’asseoir, tels que les discussions sur les prINCIPEs de la souveraineté, les économies régionales, les aspects relatifs à la sécurité, le respect des droits de l’homme,…


1) Une approche politique:

 
Les concepts de souveraineté de l’Etat et de mondialisatión ne font guère «bón ménage», et sont plutôt de l’ordre du conflictuel. Cet argument est d’ailleurs largement repris par les mouvements anti-mondialisation. [27] Le mécanisme qui se met en place avec la globalisatión pousse les Nations à se concurrencer de plus en plus fortement les unes aux autres. Les investissements directs étrangers (IDE) se font courtiser, et les financiers se comportent de façón grégaire: au moindre signe de turbulence, et c’est toute la confiance qui disparaît, poussant des pays dans des crises sans précédent (Mexique, Asie du Sud-Est, Argentine, etc). Les Nations doivent donc, pour attirer les capitaux, offrir des conditions de rentabilité optimales, en adoptant une politique au service des financiers, mais aussi au détriment des inégalités sociales. La mondialisatión et le libre échangisme reposent sur les lois du marché. Celui-ci est exigeant, et poussent les acteurs à une course à la compétitivité effrénée. L’Amérique latine n’a pas été épargnée par les crises, qui ont secouées tout le continent. Le statut de pays industrialisé de l’Argentine, antérieur à la «grande dépression», n’est plus de mise : le pays est relégué au rang des nations «émergentes», faute d’avoir pu enrayer une grave crise monétaire. Si le Mexique et le Brésil sont sur la bonne voie, leurs économies restent néanmoins très fragile, et accroissent les inégalités.

C’est dans ce contexte que le rôle de l’Etat est remis en cause. La souveraineté nationale s’effrite de plus en plus, au profit des organisations internationales qui régissent le monde (FMI, ONU, OMC…). Et c’est bien à cette crainte de perte de souveraineté que doivent faire face de nombreux gouvernements d’Amérique Latine, qui ne parviennent plus à convaincre une populatión malmenée, du bien fondé de leurs choix. Les efforts consentis depuis des années oriente une partie d’entre elle vers les discours révolutionnaires et populistes, faisant croire à une solutión possible par le pays seul, oubliant que les nations  ont besoin les unes des autres pour avoir accès aux biens pour lesquels elles ne sont pas productives. [28] Et c’est bien cette cohérence entre un territoire et són peuple qui est mise à mal dans ces problématiques. Cette intégratión politique ne va donc pas de soit, et són imbricatión à l’intégratión économique rend són acceptatión d’autant plus délicate.


2) Les aspects économiques:


Comme si elle voulait écarter le spectre de la gouvernance globale, l’Amérique Latine tente de mettre en place des solutions économiques intermédiaires, comme nombre d’autres pays du globe. L’intégratión de marchés économiques régionaux comme le Mercosur, le Marché Commun de l’Amérique Centrale (MCCA) et le Caricom sont une réponse au problème posé par la mondialisation. En ouvrant leurs marchés respectifs aux autres Etats membres, les pays espèrent ainsi établir une zone d’échanges privilégiés. Mais cette intégratión ne peut fonctionner que sur des bases de complémentarité de ces échanges. Ainsi, la Caricom ne semble pas, de ce point de vue, une réussite, l’ensemble de ces pays produisant sensiblement les mêmes produits de base, et n’échangeant donc que peu de marchandises. Le Mercosur semble l’intégratión la mieux réussie, avec les deux «grands» de l’Amérique latine que sont le Brésil et l’Argentine. Mais les difficultés actuelles de leurs monnaies respectives, freinent pour le moment le volume des échanges de cette intégration régionale. Malgré tout, les accords passés avec l’Alena ou l’Unión Européenne principalement, la place en tête. Mais, à terme, les pays du Sud devront peut être choisir entre leurs modèles d’intégratión régionales, et le vaste projet de ZLEA proposé par les Etats-Unis. Reste à connaître les conditions que ces pays pourraient obtenir pour intégrer cette nouvelle zone couvrant tout le continent Amérique. En effet, l’exemple du Mexique ne semble pas convaincre l’ensemble de l’Amérique du Sud, et les conséquences liées aux différences de niveau entre les économies du Nord et celles du Sud pourraient bien freiner les ardeurs. Si le projet n’est pas entériné pour autant, nul pays du Sud ne semble pressé de le concrétiser. A l’heure actuelle, il semble que l’ Amérique Latine compte plutôt sur la promesse de l’Organisatión Mondiale du Commerce (OMC) de finaliser un accord avant 2005 de libéralisatión des produits de l’agriculture, et sur la fin des subventions agricoles américaines et européennes à l’exportatión pour se refaire une santé économique. 

 
3) Vers une diplomatie régionale:


Depuis la résolution 1080 du 05 juin 1991 sur la sécurité et la protectión des prINCIPEs démocratiques, la monté en puissance de l’Organisation des Etats Américains (OEA) ne cesse de s’accroître. Le renouveau de cette organisatión marque une nouvelle ère de l’intégration latino américaine. Les diplomates ont à nouveau un endroit pour traiter, analyser, et résoudre les thèmes concernant les affaires stratégiques et de sécurité régionale. La diplomatie latino américaine a été saisie a plusieurs reprises pour faire respecter les engagements des pays membres: la rupture démocratique en Haïti, la crise actuelle au Venezuela, la situation avec le général Oviedo au Paraguay, les élections présidentielles régionales, le conflit Pérou- Equateur, le Pérou de Fujimori…. La diplomatie s’est montrée  plus unie quant il était questión de contribuer au respect de prINCIPEs démocratiques: la résolutión 1080/91 de l’OEA, le respect de la Charte Démocratique de l’OEA de 10/09/01 ainsi que le respect des droits de l’homme. Mais cette unión s’éloigne dans les faits de la mise en application des dispositions type CICAD, CICTE, CIFTA. Les affaires sur trafic d’armement[29], le narcotrafic en augmentation[30] ainsi que l’adhésión à la conventión contre le terrorisme[31] l’ont démontré. Les domaines de mesures de confiance, des relations civiques militaires ont trouvé plus de dynamiques.

Les piliers d’intégratión consensuelles: Les valeurs démocratiques et la sécurité.

Après avoir vécu pendant des longues périodes des gouvernements autoritaires et dictatoriaux, les pays latino américains «….reconnaissent que la démocratie représentative est indispensable à la stabilité, à la paix et au développement de la région, et que l’un des buts de l’OEA est de promouvoir et de consolider la démocratie représentative, dans le respect du prINCIPE de non-intervention….» [32]
La sécurité  a des racines profondes et complexes, Elle est un thème de préoccupation fondamentale chez les citoyens et est devenue, surtout, un impôt au progrès pour plusieurs pays de la région. La sécurité doit trouver ses bases dans la démocratie et le développement [33].


V) Les Etats-Unis et l’Amérique Latine:

Une solidarité à l’épreuve, et des alliances de type «tectoniques» 

-Première génératión de solidarité : Première guerre d’Irak. La
carte géopolitique mondiale laisse voir que le début des années 90’ marque la fin de la guerre froide ainsi que la disparitión du système communiste. La fin du monde bipolaire prend acte. En sortant de ce paradigme manichéen, l’Amérique Latine cherche à rentrer dans la communauté de valeurs du nouveau système international. Elle veut construire le modèle référentiel qui puisse la rapprocher du reste du monde, en mettant en place des nouveaux  régimes démocratiques dont elle va dès lors défendre la pérennité, [34] l’utilisatión de programmes d’économies libérales, appliquant ainsi les conseils des organismes internationaux (BID, FMI, BM,), et le respect des droits de l’homme, devenant en quelque sorte le laboratoire du modèle régional. 

Pour les gouvernements de l’époque, la questión était de faire respecter le nouvel ordre né de l’après guerre froide, de maintenir les prINCIPEs d’une sécurité internationale élargie, de participer au «grand jeu» de la mondialisatión et de la globalisation: tels étaient les prINCIPEs politiques et idéologiques de rigueur des hommes politiques, des hommes d’états et des secteurs majoritaires de la société. Mais qui se souciait alors des autres secteurs de la société, des comptes publics, de la dette...? Une nouvelle pauvreté se développe ainsi en parallèle de l’endettement, qui s’accroît de façón vertigineuse.    

C’est dans ce contexte que l’Irak annexe le Koweït, violant ainsi l’ordre juridique, la sécurité internationale et les droits de l’homme. Lorsqu’en 1991, les Nations Unies décident, par des résolutions du conseil de sécurité, de faire respecter le droit international en utilisant les forces militaires, les pays occidentaux et quelques pays arabes décident, en lien avec les  Etats-Unis d’appliquer ces résolutions. Cette communauté internationale limitée, dont les pays latino-américains faisaient partie, était dans l’ensemble d’accord pour cette méthode. Les Etats-Unis prennent le commandant militaire et politique de l’affaire. C’est une guerre contre un gouvernement dictatorial qui a violé la charte de Nations Unies,  et la mise en place d’un système post guerre froide  par les Etats-Unis et les autres nations.

En  Amérique Latine, les gouvernements de l’époque étaient alors plus proches des doctrines politiques véhiculées par les gardiens du monde. Il n’y plus dans la régión de gouvernements militaires, et la représentation politique de la gauche est montrée délibérément dans les groupes armés révolutionnaires. Appropriatión transitoire ou de convenance. Dans tous les cas, les idées et les prINCIPEs réformistes,  ne sont pas au rendez-vous. C’était la période des transitions démocratiques. Il fallait s’intéresser davantage à la politique étrangère qu’à celle de l’intérieure : ainsi les aides, les prêts, la coopération internationale, les investissements étrangers,  se présentent aux portes de ces pays. Les prINCIPEs de non- opposition, de laisser-faire étaient déjà une garantie nécessaire pour recevoir en contrepartie les services sollicités. L’accélération  de la corruptión fait són chemin.   

Dans cette nouvelle reconfiguratión stratégique des années 90, il n’y plus un ennemi  désigné: le communisme. Le pacte de Varsovie et  la guerre froide font partis du passé. ón ne voit pas l’ombre des nouvelles menaces, des nouvelles sources de conflits (marginalisation, pauvreté, surendettement de la société,). Alors les gouvernements sont solidaires avec les Etats-Unis et la coalition, les discours politiques d’adhésión font vague, et la société civile semble peu en désaccord.  La participatión au conflit est nombreuse et variée, tandis que l’OEA et des gouvernements donnent un accord discursif a l’actión armée, d’autre pays prennent en plus un autre engagement supplémentaire: l’Argentine envoi un détachement militaire, le Venezuela et le Mexique aident avec leur pétrole.  Les Etats-Unis et l’Amérique Latine vivent une période de confiance et de réciprocité globale.


Deuxième génératión de solidarité: Guerre contre le terrorisme international.


Lorsque le 11 septembre 2001 les télévisions du monde montrent en direct les attentats  suicides contre les symboles du pouvoir économique, contre la puissance militaire et contre la société américaine, le monde entier s’étonne. Immédiatement, la communauté internationale se solidarise avec les victimes: «nous sommes tous  américains» sont des mots qui parcourent la planète pour s’identifier avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis.
 Les systèmes des alliances ainsi que les accords de sécurité et de coopération se mettent en place pour lutter contre les auteurs identifiés de ces attaques: le terrorisme international. Des instruments juridiques vont être créés, d’autres seront renforcés et les traités signés rentrerons en application. L’appareil militaire des Etats Unis sera l’un des piliers clef de cette stratégie pour faire face à la nouvelle menace. D’autres piliers comme la diplomatie et le renseignement s’associent. Une nouvelle confrontatión planétaire armée est née: la 4ème guerre mondiale.

Les Nations Unis se saisissent du sujet et rapidement, mettront en place des structures et créent un comité d’experts; le système international est déclenché. Tous les moyens nécessaires sont mis à dispositión par l’ONU (Organisatión des Nations Unies) et les Etats membres pour endiguer la menace terroriste. Le conseil de sécurité travaille dans l’objectif de légitimer les futures actions militaires et juridiques. D’autres systèmes de sécurité vont s’associer, tels que L’OTAN et l’OSCE (Organisatión de Sécurité et de Coopératión Européenne).

A l’échelle régionale, les pays membres de l’Organisation des Etats Américains sont unanimes pour faire appliquer, pour la première fois depuis són existence, le Traité Interaméricaine d’Assistance Réciproque (TIAR) ou Traité de Rio signé en 1947. Ce dernier n’a jamais  été utilisé auparavant, malgré les demandes des pays membres lors d’événements qui pouvaient  pourtant  justifier són recours.[35] L’heure n’était pas à la solidarité entre latinos. 

Au sein de l’Organisatión des Etats Américains, le Comité Interaméricain contre le Terrorisme (CICTE),  prend un rôle majeur dans la stratégie intra-régionale et complémentaire à celle des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme. 

L’Amérique Latine va encore plus loin, le terrorisme a une incidence non seulement sur la sécurité territoriale: «… considère que le terrorisme constitue une grave menace pour les valeurs démocratiques, pour la paix et la sécurité internationales, et qu'il est une cause de préoccupatión profonde pour tous les États membres. Il est nécessaire donc d'adopter au sein du système interaméricain des mesures efficaces pour prévenir, sanctionner et éliminer le terrorisme aux termes de la coopératión la plus large. Et les conséquences sont aussi de nature non- sécuritaires : les graves dommages économiques causés aux États qui peuvent résulter d'actes terroristes représentent l'un des facteurs qui sous-tendent la nécessité de la coopératión et l'urgence des efforts à déployer pour éliminer le terrorisme ».[36]   La lutte contre le terrorisme s’accentue en Amérique Latine : Les gouvernements de la régión acceptent volontairement la coopératión active des Etats-Unis dans divers pays : La Colombie dans la lutte contre les groupes terroristes : FARC, ELN et les AUC.  Au Pérou contre le Sentier Lumineux. A la Triple Frontière (Paraguay, Argentine et Brésil) contre des groupes soupçonnés de faire partie des proches de Ben Laden. La contributión latino américaine est récompensée par des programmes d’aides économiques de la part des Etats-Unis. Le développement global passe par la sécurité et la coopération. La solidarité des latino américains envers l’initiative des Etats-Unis de lutter contre le terrorisme international, a été rapidement acceptée par l’ensemble des gouvernements. C’était une manière de légitimer et  un besoin de reconnaissance sur le passé de violence que ces pays ont vécu. Le souvenir des actions terroristes des années 70-80 et leurs conséquences néfastes, sont toujours dans la pensée collective de la société. Les attentats graves contre la communauté juive en Argentine dans les années 90’ ont interpellé la communauté internationale. D’autres pays comme la Colombie et, de façón moindre, le Pérou, sont encore dans la spirale de la violence terroriste.


Troisième génératión de solidarité: une guerre de trop.


Douze ans ont passé depuis la première guerre du golf, le contexte international et régional n’est pas le même. Partout ailleurs, les conflits sociaux prolifèrent, la criminalité augmente,  les crises de toute sorte secouent la région. Un autre type de violence s’incruste dans la société: la radicalisatión puis la polarisatión des populations entre elles pour des motifs divers. Soit pour des raisons politiques, soit pour des situations d’ordre économiques ou sociales. Très rapidement, des responsables sont désignés: la mondialisatión comme système et les Etats-Unis comme représentant de ce modèle international.

Cet antiaméricanisme de la société a des explications rationnelles, mais  est avant tout d’ordre sensible. Le refus du modèle a été justifié par l’échec constaté. Les conséquences touchent maintenant toutes les classes sociales sans exception. Pour ces sociétés là, les résultats catastrophiques des politiques du FMI, l’impact négatif de la  mondialisation ainsi que la situatión critique des pays de la régión ont un seule origine : la façón d’agir des Etats-Unis,  en imposant sa politique étrangère, són modèle économique et són modèle de société. La pressión politique est l’instrument diplomatique en vigueur. Le droit international, l’autonomie de décisión des Etats, ainsi que les organismes internationaux comme l’OEA, l’ONU et l’ OMC sont limités dans leurs fonctions. L’hyper puissance continue de s’imposer au nom de la sécurité et de la nouvelle menace internationale.  

Contribue à cette visión antinomique de la société l’arrivée au pouvoir des gouvernements populistes dans des régions où  l’antiaméricanisme fait recette. Les présidents Hugo Chàvez au Venezuela, Luciano Gutierrez en Equateur et Lula da Silva au Brésil. Les mouvements de contestatión divers vont s’associer à cette démarche en ayant parfois des partenaires faisant partie de groupes terroristes. L’anti-mondialisation, l’anti-globalisation, l’anti-américanisme, les revendications anti-monde sont devenues à la mode et l’Amérique latine y participe.   

Pourquoi donc une nouvelle guerre? Au nom de quels prINCIPEs juridiques? Quel est le chef d’inculpatión des accusés?  Le dossier d’instructión de Saddam Hussein n’a pas convaincu tout le monde. Pourquoi provoquer un nouvel éclatement dans le désordre mondial? Telles sont les questions posées par les gouvernements et la société latino américaine. La sécurité internationale, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la prolifération des armes de destructión massive a été la réponse.  Mais la régión des Amériques pensait  plutôt aux défenses des intérêts vitaux des Etats-Unis, en premier lieu les ressources énergétiques, puis en second  une nouvelle reconfiguratión stratégique dans le moyen orient, et finalement à la volonté de puissance matérialisée. Dans tout les cas, l’existence et le rôle des Nations Unies, les prINCIPEs du droit international ainsi que les systèmes des alliances sont remis en cause. Une crise internationale s’installe.

Le prINCIPE de la guerre juste est en débat sur l’échiquier international et l’est aussi dans la région. Des 34 pays membres de l’OEA, seulement sept [37] ont fait partie de la coalition  aux cotés des Etats-Unis. D’autres n’ont pas eu ces mêmes positions: Le Mexique, le Brésil, le Chili, le Venezuela, l’Argentine et le Pérou l’ont fait savoir d’une manière très ouverte. Le reste des pays a manifesté són désaccord avec moins de publicité. Les clivages idéologiques, les confrontations politiques, la désarticulation des alliances ne sont pas seulement circonstanciels, mais mettent en péril la coopératión future des Etats-Unis envers ces pays qui ont osé dire non.
La solidarité latino américaine envers les Etats-Unis n’est plus un chèque en blanc, elle est devenue le rapport de forces et le nouvel enjeu politique pour les diplomaties des gouvernements en place, avec une société civile qui se fait entendre de plus en plus fort, et par tous les moyens.


Les positions latino américaines pendant le conflit armé


Les présidents de Mexique et du Chili, M. Vicente Fox et Ricardo Lagos «ont regrettés profondément l’éclatement de la guerre en Irak». Ces deux pays sont membres non- permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unis. Le Mexique fait partie de l’Alena avec les Etats-Unis et le Canada. Le Chili veut devenir partenaire privilégié avec les Etats-Unis. La positión que devait prendre ces gouvernements au Conseil de sécurité était considérée comme fondamentale par l’administratión américaine dans un moment où il était nécessaire de compter avec des soutiens pour agir militairement.

Le président Luis Lula da Silva du Brésil «a qualifié de irrespectueux envers les Nations Unies l’attitude de són homologue américain». Le gouvernement cubain a décrit l’actión américaine comme un génocide avec des conséquences imprévisibles pour le reste de l’humanité» L’Argentine par l’intermédiaire de són ministre des affaires étrangères, a fait savoir  «qu’elle est opposée au bombardement de la populatión en Irak» malgré les relations amicales avec les Etats-Unis. Le vice président du Venezuela, José Vicente Rangel a critiqué l’interventión américaine. «Il a précisé que les USA et la Grande Bretagne utilisent le conflit armé comme une forme de pressión envers l’OPEP».

Trois prix Nobel de la paix ont critiqués l’actión militaire en Irak: la guatémaltèque Rigoberta Menchu, l’ancien président de Costa Rica Oscar Arias et l’argentin Perez Ezquivel: «arrogance des Etats-Unis» «anticipation d’un génocide» ont été les mots utilisés. Les pays membres du Mercosur «n’ont pas acceptés la décisión des Etats-Unis d’attaquer l’Irak sans l’autorisation des Nations Unis», et «Ne participeront  à aucune actión militaire et n’appuierons ni les Etats-Unis ni la Grande Bretagne» ont-ils précisé.

De Mexique à Santiago, en passant par Bogota, Caracas et Buenos Aires, des manifestations réunissant les étudiants, les syndicats, les ONG’s, les partis politiques ainsi que la société civile se sont donnés rendez-vous afin d’exprimer le désaccord envers l’interventión militaire américaine en Irak.

Des positions moins catégoriques en provenance de la Bolivie, le Pérou et le Paraguay. Ils ont manifestés pour la paix mais sans être explicitement contre l’interventión américaine en Irak. La pression de Washingtón se fait sentir.

Par contre, la Colombie, le Honduras, El Salvador, le Costa Rica, la République Dominicaine, et le Nicaragua ont  adhérés publiquement à l’initiative de la maisón blanche et ont participés à la coalitión aux coté des Etats-Unis selón les capacités et les moyens de chacun d’eux.

 
L’Amérique Latine après le 11 Septembre: L’Afrique dans la balance…

Depuis le 11 septembre 2001, l’Amérique Latine est passée au deuxième plan dans la politique étrangère des Etats Unis. «L’Amérique Latine a été affectée par le 11 Septembre, surtout par le manque d’attention” [38] 

Avant les attentats il y avait de bonnes expectatives, mais ensuite l’attention s’est orientée vers la guerre contre le terrorisme. La préoccupatión centrale des Etats-Unis envers l’Amérique Latine est sans doute les affaires de sécurité.

Les accords commerciaux sont sujets à un traitement dans le cadre de la politique de sécurité et selón les intérêts vitaux de l’administratión américaine.

Et l’Afrique donc: Selón la nouvelle stratégie de sécurité nationale du président Bush, «l'Afrique revêt une grande importance pour la paix et la sécurité dans le monde et le continent recevra des États-Unis un maximum d'aide en faveur de són développement politique et économique», écrit Jim Fisher-Thompson, rédacteur du «Washingtón File», service Afrique, qui a interviewé plusieurs hauts fonctionnaires actuels et anciens ainsi que d'éminents universitaires à propos des passages du rapport sur la stratégie de sécurité nationale se rapportant à la politique américaine à l'égard de l'Afrique.

La post guerre d’Irak: et après…..

Dès la fin de la guerre en Irak un constat est fait: ce conflit a désarticulé transitoirement les systèmes des alliances en Occident et a cassé le pilier  d’un ordre international qui était basé sur l’existence des Nations Unis comme le forum de résolutión des controverses par le consensus.

Il est évident qu’il y aura un avant et un après Irak 2003. Le bilan, en ce qui concerne l’architecture internationale est de nature difficile à reconstruire: l’équilibre international a été brisé, ón est passé au-delà du droit international et finalement, le multilatéralisme dans lequel ón a vécu depuis plus de 50 ans est enfoui.

Dans cette nouvelle reconfiguratión internationale, les gouvernements latino américains suivent de près les affaires européennes, car s’ils ne consolident pas un pôle occidental alternatif aux Etats-Unis, une Europe unie, l’espoir de survie de l’Amérique Latine en tant que continent indépendant est compromis. Seule la constructión d’un partenariat entre l’Europe et l’Amérique Latine pourrait concurrencer avec l’uni polarité de l’hyper puissance. Le moment historique est re-venu pour l’Europe de véhiculer ses valeurs à la place des Etats Unis: la solidarité, le concept de relations sociales, les multiples formes de vie sociales, l’état de bien-être ainsi qu’une certaine pudeur libérale, pourront contribuer à la formatión d’une nouvelle visión du monde.

Les répercutions par rapport aux positions tenues pendant le conflit auront des résultats variés: les négociations agricoles avec les pays producteurs sud-américains au sein de l’OMC vont être compromis. La signature du traité de libre commerce entre le Chili et les Etats-Unis fait partie d’un agenda à posteriori.

Il existe un conflit armé en Colombie qui jouxte cinq pays, une instabilité au Venezuela, ainsi que des activités illicites à la Triple Frontière (Paraguay, Brésil et Argentine). Ces situations doivent être sans doute dans l’agenda de sécurité américaine. Lesquels de ces trois théâtres accueilleront les forces militaires américaines en applicatión de la doctrine de la préemption?

París, Junio de 2003

 


  • [1]  Selón la positión et la vision stratégique des Etats Unis
  • [2]  En référence aux discours de Hugo Chavez, Fidel Castro, les manifestations des piqueteros, les cacerolazos en Argentine, au Venezuela …..
  • [3] Marc Saint UPERY, Le Monde Diplomatique – janvier 2003.
  • [4] Latinreporters du 27/05/2002.  www.latinreporters.com
  • [5]  Claire Liénant et Julie Chansel,  dossier sur le Venezuela Le Monde.2002. 
  • [6] Interview donnée à Patrick Wajsmann, directeur de la revue Politique internationale, édition N°82 (1998/1999).
  • [7]  Le monde du 11/04/2003.
  • [8]ALAI, América Latina en Movimiento du 19/09/2002 : «Brésil: plébiscite national sur la ZLEA et  Alcántara». Les résultats montrent que les citoyens brésiliens refusent de façon claire et massive la signature du traité de la ZLEA par le gouvernement brésilien, (nón à 98.33%), la poursuite de la participat